vendredi 6 mai 2016

Concours internationaux : découverte, échange et Amitié

J'ai la chance d'être régulièrement invité dans les grands concours internationaux. Internationaux, car on y déguste des vins du monde entier. Parce qu'on y rencontre des dégustateurs du monde entier aussi.
J’aime bien déguster dans les concours internationaux.



 
D’abord, déguster du vin, fait partie de mon quotidien. C’est une part importante de mon métier de consultant. Comme je le dis souvent : Je ne sais rien faire d’autre
Ensuite, il y a la responsabilité de juré. Rappelons que l’objectif d’un concours n’est autre que de donner des repères de qualité aux consommateurs. Un vin sélectionné doit non seulement être irréprochable, mais doit être ’’bon’’, c’est-à-dire apte à apporter du plaisir. Et ne l’oublions pas, ça sert à ça le vin : apporter du plaisir, dans la dégustation et le partage. Le rôle des jurés est également de mettre en lumière les vins particulièrement réussis. Ainsi la mission du dégustateur est double : guide pour le consommateur et récompense pour le producteur.
Bien sûr, il y a le plaisir - et la curiosité - de déguster des vins provenant du monde entier. De différentes régions de France et d’Europe, mais aussi d’autres mondes, de l’hémisphère sud ou de nouveaux pays producteurs (Inde, Chine…). D’autant que les dégustations sont réalisées à l’aveugle, sans connaitre autre chose que la couleur et le millésime. Alors on joue aux devinettes, essayant de retrouver l’origine des vins que l’on déguste. La gamme aromatique et le niveau de concentration évoque tel ou tel cépage. La maturité du fruit, le niveau d’acidité, le soyeux des tanins évoque un type de climat ou un autre. Le style d’élevage rappelle des cultures différentes, traditionnelles ou plus modernes… Et ainsi, à force de chercher, d’analyser, on apprend beaucoup…
 
Mais ce que j’aime par-dessus tout dans une dégustation internationale, c’est l’échange.
Déguster avec quelqu’un issu d’un autre univers que le sien, d’un autre pays, d’une autre culture est extrêmement enrichissant. Ma culture du vin est issue d’abord d’une approche d’amateur éclairé, complétée par une lecture technique liée à mon métier d’œnologue. Au quotidien, je déguste avec des techniciens et nous parlons le même langage. Mais déguster avec un sommelier ou un journaliste, un Australien ou une Japonaise, une jeune femme de 20 ans ou un retraité avec 50 ans d’expérience… est une autre aventure. Généralement, on juge qu’un dégustateur déguste bien, lorsqu’il a le même jugement que soit même. Dans une dégustation internationale, un dégustateur - dont la compétence ne peut être remise en cause – peut ne pas du tout apprécier un vin que vous adorez, et inversement. Et ce n’est pas de la simple subjectivité liée à l’individu. Question de culture…. Et ça, c’est particulièrement intéressant. Alors on échange, on partage. On cherche à comprendre, et on apprend. On apprend à prendre du recul. On apprend la modestie aussi. Le tout exprimé en anglais, et après la dégustation bien-sûr, la dégustation live se déroulant dans un silence religieux.
Au fil du temps, de ces échanges internationaux nait l’Amitié. Et chaque année on est heureux de se retrouver. Dave l’Australien, João le Brésilien, Luis José l’Espagnol, Antonio l'Italien, Ghislain et Jacques les Canadiens, Jorge Manuel le Portugais, Peter le Hongrois, Alejandro le Chilien, Hui Jie la Chinoise, Mi la Coréenne, Karina l'Indienne…. Et tant d’autres… Sans oublier les amis Belges et Français, bien sûr !
 
J’aime bien déguster dans les concours internationaux. Le Vin, plus que nulle part ailleurs, y est vecteur d’Amitié.

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