lundi 10 février 2014

2013, blancs et rosés tirent leur épingle du jeu

Pour ce premier article sur les vins du millésime 2013 à Bordeaux, j'ai confié la plume à mon collaborateur, Stéphane Renversade. Stéphane nous parle des conditions qui ont conduit à l'élaboration des vins Blancs et Rosés, particulièrement réussis.
 
 
Les millésimes se succèdent, tous différents, on s'attache à les comparer, les faire miroiter dans les reflets d'un semblable passé. Celui-ci restera dans les mémoires des plus anciens, comme des plus jeunes tant son unicité fait délier les langues de toutes générations de vinificateurs. 
 
Caractérisé par son aspect tardif et à faible potentiel phénolique, il est la résultante de conditions climatiques exceptionnelles marquées par le froid, la pluie et le manque d'ensoleillement sur toute la période végétative de la vigne.
Dans certaines situations, le développement brutal et véloce du botrytis qui en l'espace de 24 à 48h colonise l'ensemble des grappes, amoindrit une partie du potentiel aromatique et apporte des notes d'évolution à la couleur.
Néanmoins, la minutie et le choix de bons procédés préventifs et curatifs ont permis de sauver une partie du potentiel. 
 
Les Blancs 
 
Les sauvignons arrivent à maturité 2 à 3 semaines en retard par rapport à la moyenne, avec des rendements faibles de -10 à -20%.
Au profil très acide et faiblement pourvus en sucres au moment de la récolte, ils se dévoilent néanmoins très riches et intenses en arômes de thiols pour la plupart, qu'en terpènes pour les plus mûrs.
Les sémillons, plus généreux en volume, s'avèrent moins neutres qu'à l'accoutumée lorsque le bon état sanitaire a permis une maturité suffisante.
Les fermentations alcooliques se déroulent sans encombre, assez vite. Les élevages sur lies fines favorisent un rééquilibrage de l'acidité, une belle révélation aromatique et l'obtention de gras sans lourdeur. Des corrections d'acidité restent cependant assez courantes pour les assouplir.
En somme, un millésime réussi en blancs secs. 
 
Les Rosés
 
La cueillette des rouges pour l'élaboration des vins rosés (ou de vins rouges) chevauche - fait rarissime dans une même appellation - celle des blancs. Le volume des vins rosés sur le marché cette année est déficitaire en raison du très faible rendement en rouge. Il eût été plus judicieux dans certains cas de vinifier de bons rosés au détriment de rouges médiocres.
La fraicheur des arômes et les acidités élevées à la récolte, permettent la production de rosés de très bonne qualité.
Leurs couleurs sont vives et "flashies", les nez très intenses, amyliques et exotiques.
Tout comme pour les blancs, les rosés profitent de tous les bénéfices liés aux élevages sur lies. Là encore, des corrections d'acidité sont parfois nécessaires.
Ainsi, malgré les conditions difficiles du millésime, les rosés présentent toute une palette de vins très réussis.
 
A l'aune des automnes qui s'effeuillent, les ceps de vignes enracineront la mémoire de ce millésime si particulier.
 
Stéphane Renversade

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