vendredi 21 juin 2013

FLORAISON 2013 : le capteur de pollen de Saint-Emilion

 
 
8H00 du matin en ce début Juin.
Nous avons rendez-vous avec Philippe Raymond, responsable technique du Conseil des Vins de Saint-Emilion et son assistant Didier. Comme tous les mardis et vendredis matin, en cette période de floraison de la vigne, ils vont relever les données du capteur de pollen.
 



Ce capteur, propriété des ODG Saint-Emilion, satellites, Pomerol et Fronsac a été installé en 1987. Issu d’un travail entre le CEMAGREF et le CNRS, il permet de capter les émissions de pollen dans l’atmosphère. Il s’agit tout simplement d’un filtre en tissu qui piège les grains de pollen contenus dans l’air. L’unité de mesure est donc le nombre de pollens / m3 d’air. Le filtre n’est pas spécifique. Il retient sans distinction les pollens de tous les végétaux qui sont en fleur à cette période.



Deux fois par semaine donc, Philippe viens remplacer l’un des 2 filtres et noter la vitesse du vent. Il y a un peu de vent ce matin au sommet du moulin sur lequel est installé le capteur. L’anémomètre indique 9 km/h. La vue sur le vignoble de Saint-Emilion en cette matinée printanière au ciel dégagé est magnifique !
Une fois relevé, le filtre est envoyé au laboratoire du CNRS de Montpellier. Après récupération des grains de pollen, le laboratoire effectue un tri entre les différentes espèces par analyse de l’ADN. On comptabilise donc de manière spécifique le nombre de pollens issus de la vigne / m3 d’air.
 
A quoi ça sert ?
 
La technique a été développée pour estimer la production de certaines plantes pérennes (oliviers, agrumes, noyers…) d’un point de vue quantitatif. Elle est très utilisée aujourd’hui car très pertinente. Elle est également utilisée pour suivre la pollinisation de plantes allergènes et ainsi diffuser des bulletins d’alerte destinés aux personnes allergiques. Elle a ensuite été adaptée pour la vigne.
Le rendement du vignoble est aléatoire en fonction de la pluviométrie, qui va faire grossir ou pas les grains formés après floraison. Ainsi l’estimation quantitative est-elle moins précise pour la vigne.
 
 
Par contre le relevé des pollens de la vigne permet d’établir une cartographie de la floraison de l’année. Il permet de connaitre : la précocité, l’étalement, la mi-floraison, le décalage entre Merlots et Cabernets… Toutes ces indications permettent d’avoir une lecture qualitative de la floraison et du millésime qui se prépare. De plus, cette technique permet d’avoir une première approche de la date de récolte. C’est une information précieuse qui permet aux entreprises du grand Saint-Emilionnais d’anticiper leurs chantiers de récoltes et leurs embauches saisonnières, près de 3 mois avant les vendanges qui vont mettre tout le secteur en ébullition.

Tous les viticulteurs sont dans l’expectative. La météo très contrastée de ce début Juin – alternance de journées caniculaires et d’autres froides et pluvieuses – n’est pas favorable à une bonne floraison. Le risque de Coulure et de Millerandage est très important. Nous y verrons plus clair à la fin du mois.

Philippe et Didier rangent l’échelle et l’installent sur leur camionnette. Il est 8H30. Retour vers la Maison du Vin. Une longue journée les attend avant un weekend bien mérité.



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