lundi 2 juin 2014

Citadelles du Vin 2014

Pour la 7ème année consécutive, j’ai participé au concours international des Citadelles du Vin. Une dégustation des plus intéressantes et des plus agréables.

Citadelles du Vin est un concours international appliquant les normes de l’OIV. C’est le seul concours français membre de la fédération des grands concours internationaux VINOFED.
En 2014, le concours a réuni 1081 vins et eaux de vie (699 rouges, 219 blancs secs, 84 effervescents, 41 rosés, 28 blancs doux et 10 VDN/VDL), issus de 28 pays. France, Portugal et Espagne arrivent en tête, suivis par le Chili, l’Italie et la Hongrie. Mais on a pu également déguster des vins d’un peu partout dans le monde, comme par exemple Israël, la Moldavie ou le Japon. Les vins participant au concours représentent un total de 83 millions de bouteilles d’une valeur totale supérieure à 1 milliard d’euros !
Pour juger la qualité de ces vins, 50 dégustateurs internationaux issus de 18 nationalités. Leur mission : Apporter leur expertise de professionnel, respecter les règles de la charte de dégustation, être les garants qualitatifs du concours, et être les ambassadeurs des Citadelles du Vin.
 
Toutes les informations sur le concours 2014 :  Les Citadelles du Vin
 
Retrouvez tous les résultats du Concours des Citadelles du Vin 2014 :  Médailles 2014
Retrouvez le palmarès des Prix Spéciaux (FIJEV Brésil - Malbec et Prix par Pays) :  Prix Spéciaux 2014
 
 
Au cours des 3 jours de dégustation, j‘ai eu l’occasion de déguster 5 séries. La dégustation a pour objectif de récompenser les vins les plus agréables, c’est-à-dire ceux présentant une attractivité globale et une qualité maximale pour le plaisir du consommateur. La dégustation est bien-sûr, effectuée à l’aveugle. La notation sur 100 points avec la grille de récompenses suivante :
Fiche de dégustation Citadelles du Vin


  NOTATION      RECOMPENSE
     < 85   Vin moyen : pas de récompense
     entre 85 et 88   Bon vin : Médaille d’ARGENT
     > 88   Très bon vin : Médaille d’OR
 


Vidéo : Tous les secrets des Citadelles du Vin
https://www.youtube.com/watch?v=pGNIAIYuclk
Cliquez pour voir la vidéo 
 
 
Série 1 : 15 vins blancs secs - Notation 77/89
Une série de vins blancs irréprochables sur le plan technique mais manquant de caractère. Des vins souples et frais, plaisants mais simples et sans grande personnalité. Une seule médaille unanime (médaille d’Or) pour un vin où un boisé discret apporte de la complexité aromatique, du volume en bouche et de la longueur.
Il n’est pas facile de déterminer l’origine de cette série. Les cépages varient et m’évoquent souvent le Chardonnay, mais sans malo et la plupart du temps sans bois. Au jeu des devinettes, je tente le Sud de la France. Il s’agit en fait de vins de Grèce, de Chypre, d’Italie et de Géorgie.
 
Série 2 : 15 vins rouges - Notation 77/91
Une série homogène de vins rouges présentant de belles couleurs soutenues, des nez de fruits mûrs et de boisé, avec des notes de fraicheur. Les bouches sont rondes, souples et fondues ; l’ensemble équilibré. Certains ont des nez végétaux ; les meilleurs beaucoup de fruit et de rondeur. 1 vin noté 77 (végétal) et 1 autre 91 (belle complexité). Tous les autres notés entre 82 et 89 ; les moyennes des 5 dégustateurs tendant toujours vers 85/86, soit médaille d’Argent.
Ces vins me font penser au Chili. Gagné : Chili – Central Valley.
 
Série 3 : 15 vins rouges - Notation 73/86
Série de rouges de concentration moyenne, assez homogène. Nez de fruits cuits et de boisé dominant. Les attaques de bouche sont rondes mais les finales vives et sèches. Vins sans équilibre donc sans plaisir. Aucune médaille dans cette série.
Tout cela m’évoque le Portugal, voire le Sud de l’Espagne. Et bien tout faux ! Ce sont des vins de Bordeaux. Et j’ai du mal à le croire !
 
Série 4 : 15 vins rouges - Notation 72/89
Une série de vins rouges de petites structures. Les nez sont plaisants avec des notes de fruits rouges frais ou cuits, évoquant le pinot noir, ou alors des notes végétales évoquant le cabernet franc. Les finales sont courtes ; l’ensemble peu excitant. 1 médaille d’Or, 2 médailles d’Argent.
Je n’ai pas d’idée de l’origine de ces vins. Réponse : Japon, Chine, Roumanie et Macédoine. Pinots noirs, cabernets et merlots.
 
Série 5 : 15 vins rouges - Notation 74/91
Une belle série de vins rouges sombres et denses. La dominante aromatique est boisée, même si certains sont parfois fermés. Beaucoup de rondeur et de sucrosité en bouche. Beaucoup d’équilibre. De jolis vins !
Cela m’évoque l’Australie. Eh bien non : Portugal de l’Alentejo et de Beiras.
Un coup de  pour un vin à la structure particulièrement riche et aux tanins d’une superbe maturité. Il s’agit d’un Petit Verdot d’Alentejo.
 
Série 6 : 12 vins rouges - Notation 78/88
Une série de vins rouges très ouverts, très mûrs, voire surmûrs et parfois oxydatifs. Beaucoup de bois qui apporte sucrosité et fondu, mais souvent une vivacité qui casse un peu la finale. C’est pas mal, mais pour moi imparfait en terme d’équilibre.
Cela m’évoque souvent le tempranillo et me fait penser à l’Espagne, plus précisément, la Rioja.  Gagné ! Tempranillo, Rioja et Navarra.
 
Série 7 : 15 vins rouges - Notation 79/89
Une série de vins rouges techniques évoquant les Cabernets et les chips. C’est souvent poivron grillé, ce qui n’est pas trop mon style. Les meilleurs sont poivrons doux avec notes de torréfaction et une bonne sucrosité.
Cela m’évoque l’Australie. Perdu. Si on est bien dans les Cabernets et la Carménère, on est au Chili (Central Valley) et au Pérou.

jeudi 22 mai 2014

Coupe des Crus Bourgeois du Médoc 2014 : Chateau Labadie vainqueur



La Coupe des Crus Bourgeois est organisée depuis 2011 par l’Alliance des Crus Bourgeois, en partenariat avec le magazine Le Point. La Coupe 2014 s’est tenue à Paris, aux Caves Lavinia, sous le parrainage de Alain Dutournier, chef du restaurant le Carré des Feuillants. Au menu, 183 Crus Bourgeois du Médoc (appellations Médoc, Haut-Médoc, Listrac, Moulis, Margaux, Pauillac, Saint-Estèphe et Saint-Julien) dans le millésime 2011. Et 28 dégustateurs - sommeliers, cavistes, acheteurs GD, journalistes… - pour les départager. Consulter la liste des dégustateurs

Après plusieurs tours de dégustation où seulement 1 vin sur 2 est retenu, 12 vins ont été sélectionnés. Les 12 meilleurs Crus Bourgeois du Médoc 2011. Plus de détails sur le mode de sélection
Ces 12 lauréats ont ensuite été dégustés une nouvelle fois par un super jury présidé par Alain Dutournier, afin de désigner le gagnant de la Coupe 2014.


Les 12 lauréats de la Coupe des Crus Bourgeois 2014 : 
          Château Belle-Vue Haut-Médoc
          Château Cap Léon Veyrin  Listrac-Médoc
          Château Castera Médoc 

          Château Labadie Médoc
          Château Le Crock  Saint-Estèphe
          Château Fontis Médoc
          Château Lilian Ladouys Saint-Estèphe
          Château Maucamps Haut Médoc
          Château Mongravey Margaux
          Château Moulin de Blanchon Haut-Médoc
          Château Peyrat-Fourthon Haut-Médoc
          Château Tour Séran Médoc



Lors de la remise des prix à Bordeaux, au CIVB, Jacques Dupont (journaliste Vin au magazine Le Point) raconte que cette Coupe 2014, lors de laquelle ont été dégustés les 2011, a donné lieu à une très belle dégustation.
Les 12 finalistes étaient tous de très jolis vins et chacun d’entre eux aurait pu être le vainqueur. Ce sont des vins référents du Médoc, souvent déjà sélectionnés les années précédentes, et souvent déjà mis à l’honneur dans les sélections du Point. Parmi ces très bons vins, l’un a finalement – après plusieurs dégustations et redégustations pour arriver à départager les finalistes – émergé au-dessus du lot. Un vin avec un supplément d’équilibre, de fraicheur et de croquant : le Château Labadie. 


Frédéric de Luze, Jérôme Bibey, Olivier Bompas et Jaques Dupont
Pour Jérôme Bibey, propriétaire du Château Labadie, le premier sentiment à l’annonce du résultat est la ’’fierté’’ ; ’’Même si j’ai un problème avec ce mot, car ma famille est plutôt humble. Mais je suis content. Je pense à mon père qui a préféré rester dans les vignes cet après-midi plutôt que de venir à la réception’’.
Au sujet de ce millésime 2011 : ’’2011 a été une année difficile où nous avons connu la grêle et produit de petits rendements. Ce millésime nous a demandé énormément de travail notamment pour conduire l’élevage. Cette Coupe est une vraie récompense de nos efforts’’.



Jérôme Bibey partage la Coupe avec Stéphane Courrèges

Jérôme associe à cette reconnaissance son consultant Stéphane Courrèges : ’’Stéphane et moi formons une bonne équipe. Nous nous ressemblons : passionnés autant que discrets’’. 

Mon collaborateur Stéphane Courrèges et moi-même sommes très heureux et très fiers pour Jérôme et ses parents, qui méritent tout particulièrement les encouragements que lui apporte cette reconnaissance.



mardi 13 mai 2014

Concours Mondial de Bruxelles – 20ème anniversaire

JOUR 3  #cmb2014 

La dégustation 

Chaque jury déguste une 50aine de vins par matinée, répartis en 4 séries. Les vins sont bien évidemment dégustés à l'aveugle, leur identité n'étant révélée aux dégustateurs qu'à la fin de chaque matinée.
Les vins sont jugés selon un barème de notation sur 100 points : 

 
NOTATION
   RECOMPENSE
   < 83
Vin moyen : pas de récompense
   entre 83 et 86,5Bon vin : Médaille d’ARGENT
   entre 86,6 et 91Très bon vin : Médaille d’OR
   > 92
Vin de très grande qualité : Grande Médaille d’OR


Chaque journée de dégustation commence par un vin de "mise en bouche" qui permet aux dégustateurs de se caller. Par ailleurs, les organisateurs (petits farceurs) insèrent chaque jour un échantillon en double dans une série, afin de tester la reproductibilité des dégustateurs. On le voit, peu de place au hasard au Concours Mondial de Bruxelles. La sélection est très pro.

Retrouvez tous les résultats du Concours Mondial de Bruxelles 2014 :  Médailles 2014
 

Mallory de l'Ecole d'Hôtellerie de Louvain
ü  3 matinées de dégustation
 ü  151 vins dégustés
 ü  5 pays d’origine – 15 régions viticoles :
  §  Afrique du Sud : Coastal Region – Western Cape
  §  Espagne : Balears - Castilla la Mancha - Cataluňa
  §  France : Languedoc Roussillon – Sud Ouest – Val de Loire – Vins de France
  §  Italie : Campania - Emilia Romagna - Toscana - Veneto
  §  Portugal : Lisboa - Porto E Duro
                ü  32 appellations
ü  4 coups de  :
§  Blanc / Italie : Furore Bianco Fiorduva 2012 DOC Costa d’Amalfi
§  Rouge / Italie : Bursôn Ravenna Rosso Tenuta Uccellina Russi 2008 IGT Emilia-Romagna
§  Rouge / Italie : Tenuta Sant’Antonio Campo dei Gigli 2008 DOC Amarone della Valpolicella
§  Rouge / Afrique du Sud : Kasteelberg Shiraz 2012 Swartland, Coastal Region

  

Série 1 : 8 vins blancs secs - Notation 68/94
Une série de vins blancs un peu moyens car manquant dans l’ensemble de caractère. Les meilleurs sont souples et frais ou plus ronds, avec de l’équilibre, voire de l’élégance.
Je n‘ai aucune idée ni des cépages, ni de l’origine. Au filling, je dirai Europe de l’est. Il s’agit en fait de vins d’Italie du Sud, essentiellement Campanie.
Un vin coup de  : Furore Bianco Fiorduva 2012 DOC Costa d’Amalfi 

Série 2 : 11 vins rouges - Notation 76/89
Une série hétérogène de vins rouges jeunes. Les meilleurs sont ronds et frais avec beaucoup de fruits (fruits rouges, petits fruits noirs) et très peu de bois. Vins simples mais croquants et très agréables. Les autres sont un peu moyens et manquent de caractère.
Je ne suis pas sûr d’où ces vins peuvent venir mais ils m’évoquent le Languedoc. Il s’agit de vins d’IGP Oc du cépage Merlot. 

Série 3 : 16 vins rouges - Notation 77/95
Une belle série ! Des vins riches et puissants mais aussi ronds avec une bonne sucrosité et une belle complexité. Les meilleurs sont denses, mûrs, longs et d’une belle harmonie.
Je n’ai pas d’idée de leur origine. Il s’agit de vins italiens de bursôn de la région de Ravenne en Emilie-Romagne.
Un vin coup de  : Bursôn Ravenna Rosso Tenuta Uccellina Russi 2008 IGT Emilia-Romagna

Série 4 : 16 vins rouges - Notation 75/86
Une série un peu terne, avec des vins sans reproche mais sans charme. Peu de complexité aromatique, avec souvent un boisé dominant. Les bouches sont moyennement structurées avec des finales acides.
Je tente une origine espagnole. Il s’agit bien de vins espagnols d’appellation Valdepeňas en Castilla-la-Mancha.
Un test de reproductibilité avec 1 échantillon en double dans la série. J’ai noté l’un 78, et l’autre 77. 

Série 5 : 9 vins blancs secs - Notation 76/88
Une série de vins blancs technologiques. Bien faits, parfaitement maitrisés, mais manquant d’expression et sans véritable âme. J’en ai néanmoins aimé 2 présentant beaucoup de fraicheur aromatique avec des notes florales et fruits à chair blanche, et des bouches souples et fraiches avec beaucoup de minéralité.
Tout cela m’évoque le Portugal. Gagné ! Vins portugais du Douro. 

Série 6 : 9 vins blancs secs - Notation 78/88
Une série de blancs très hétérogènes, manquant parfois de caractère, voire de netteté. Les meilleurs sont frais avec une certaine minéralité.
Je n’ai pas d’idée de leur origine. Il s’agit de vins espagnols de Catalogne, avec 1 échantillon provenant des Baléares. 

Série 7 : 7 vins rosés effervescents - Notation (j’ai dû m’énerver là, car j’en ai pas pris note)
Une série de vins à bulles très moyens. Bulles grossières, franchise imparfaite, manque de caractère et de précision.
Je n’ai pas d’idée de leur origine. Je pense que ce n’est pas une région traditionnellement productrice de vins effervescents. C’est probablement vrai, puisqu’il s’agit de Vins de France. 

Série 8 : 16 vins rouges - Notation 76/96
Belle série de rouges aux couleurs profondes et aux arômes de fruits mûrs et de torréfaction. Les bouches sont rondes et mûres, avec de la sucrosité et de la fraicheur apportant de l’équilibre.
Un coup de ♥ pour un vin au nez de petits fruits noirs et de chocolat noir, avec une somptueuse bouche de tanins fondus à la superbe longueur.
J’imagine une provenance Côtes du Rhône. Il s’agit en fait de vins d’Afrique du Sud du cépage syrah.
Mon coup de  : Kasteelberg Shiraz 2012 Swartland, Coastal Region.
Un test de reproductibilité : notation 85 et 88. J’ai été moins bon sur ce coup là. 

Série 9 : 9 vins rouges - Notation 78/86
Une série de vins rouges austères où les nez sont dominés par le bois, et les bouches par la sècheresse. Les vins manquent de fruit et de rondeur avec des tanins qui semblent brûlés par le soleil.
Origine espagnole ou grecque ? Eh bien non, puisqu’il s’agit de vins italiens de Toscane (Vino Nobile di Montepulciano). 

Série 10 : 11 vins blancs secs - Notation 77/88
J’ai bien aimé cette série de vins blancs technologiques, vraiment très bien faits. Des vins souples avec un taux de CO2 assez élevé apportant fraicheur et tonicité. Des expressions aromatiques d’une parfaite netteté et beaucoup de finesse. Des vins appétant que l’on a envie de boire.
Je verrais bien ces vins produits en Espagne en appellation Rueda. Il s’agit en fait de vins bien français de Côtes de Gascogne.  

Série 11 : 13 vins rouges - Notation 70/88
Une série de vins rouges marqués par un usage excessif de copeaux, plutôt mal maitrisés : brûlage fort et dominant. Les bouches sont rondes à l’attaque, puis acides, rendant les finales dures et sèches et l’ensemble déséquilibré.
Ces vins évoquent le nouveau monde. Je pense à l’Amérique du Sud mais ni à l’Argentine, ni au Chili. En fait, nous sommes au Portugal en Vinho Regional Lisboa. 

Série 12 : 13 vins rouges - Notation 68/83
Une série de rouges faible. Vins de petites structures acides et sèches. Arômes végétaux manquant de maturité, voire de netteté. Copeaux caricaturaux. Une série sans plaisir et sans aucune médaille.
Ces vins m’évoquent ce que l’on peut faire de pire à Bordeaux. Mais je ne pense pas que ce soit le Bordelais. En fait il s’agit de vins du Val de Loire.
Test de reproductibilité : 77 et 77. 

Série 13 : 13 vins rouges - Notation 79/95
Belle série de vins rouges mûrs et complexes. Arômes de fruits mûrs et de fruits cuits rehaussés de notes grillées/torréfiées. Bouches avec de la rondeur et du gras, de beaux tanins mûrs et beaucoup de longueur.
Je pense que nous sommes en Italie et je parierais sur la Toscane. Ce sont bien des vins italiens mais nous sommes en Vénétie en appellation Amarone della Valpolicella.
Un coup de  pour un vin à la superbe complexité avec un magnifique équilibre : Tenuta Sant’Antonio Campo dei Gigli 2008 DOC Amarone della Valpolicella Classico
Test de reproductibilité : 86 et 85.

dimanche 4 mai 2014

Concours Mondial de Bruxelles – 20ème anniversaire

JOUR 2  #cmb2014

Le Concours Mondial de Bruxelles est l’une des plus importantes sélections de vins au monde. En 2014, il réunit 310 dégustateurs de 51 nationalités jugeant 8 060 vins originaires de 58 pays producteurs différents.
Ce sont bien sûr la France puis l’Espagne, l’Italie et le Portugal – pays historiquement producteurs de vin - qui arrivent en tête du nombre d’échantillons présentés. Ils sont suivis par le Chili, l’Afrique du Sud et l’Australie représentants du nouveau monde. Mais ont a également pu déguster des vins originaires de Chine, du Japon, de Bolivie, des Pays Bas, et même 7 échantillons provenant de … Belgique !

Toutes les informations sur le Concours 2014 : Bruxelles 2014

Avant de vous parler des vins que j’ai eus l’occasion de déguster, il me faut vous présenter le jury auquel j’ai participé. 53 jurys ont travaillé pendant les 3 jours de la sélection. J’ai fait partie du jury N°40, sous la présidence du sud africain Neil Pendock :
 
Neil Pendock - Journaliste
Arcadie Fosnea - Winemaker
Pierre-Emmanuel Buss - Journaliste
Antonio Maçanita - Winemaker
Pascal Hénot - Œnologue Consultant
Antonio Di Spirito - Journaliste

vendredi 2 mai 2014

Concours Mondial de Bruxelles – 20ème anniversaire

JOUR 1 #cmb2014

C’est parti pour 3 jours de dégustations au Concours Mondial de Bruxelles qui pour son 20ème anniversaire se déroule à… Bruxelles ; après s’être délocalisé depuis 2006 à Lisbonne, Maastricht, Bordeaux, Valence, Palerme, Luxembourg, Guimarães et Bratislava en 2013.


Cette 1ère journée a été l’occasion de dégustions succulentes autant que déconcertantes :
 
Tartine fraiche de poireaux et vers de farine
Brochette tomates cerises et criquets


 

 

 
 
 

Sélection de bières Belges
Chocolat noir aux baies de goji

 
 
 
 
 
 
 
 
 
Le vers de farine séché croustille sous la dent et évoque le "Curly" en plus fade. Le criquet grillé est plus gouteux, sucré/salé avec du caractère. Vous reprendrez bien un ver....Lien : Bugs in Mugs
Le chocolatier Laurent Gerbaud présentait toute une série de chocolats de grande qualité : noir 80% et gingembre confit, noir et pistaches, noir et baies de goji, chocolat fourré ganache, ou praliné. J'ai beaucoup aimé le noir + baies de goji, l'acidité du fruit relevant à merveille la douce amertume du chocolat. Lien : Laurent Gerbaud Chocolatier Bruxelles
Et pour arroser tout cela, quoi d'autre qu'une sélection des meilleures  bières Belges ? J'ose à peine l'avouer dans cette capitale de la bière, je ne suis pas un vrai amateur de ce breuvage. Son amertume est difficile pour mon palais délicat... Mais je ne refuse jamais une dégustation, de quelque produit que ce soit. J'ai finalement trouvé mon bonheur avec une Blanche de Bruxelles à la tireuse. Une bière simple, sans grande personnalité mais souple et rafraichissante.

Rassurez-vous, j’ai bien sûr dégusté de nombreux vins. Je vous en parlerai plus tard.

mercredi 30 avril 2014

PRIMEURS 2013, le bal des débutantes

J’aime bien la semaine des Primeurs.
Cela me fait penser à une grande fête, m’évoque le bal de fin d’année, le bal des débutantes.
On a soigné la décoration, sortie la belle vaisselle, mis les petits plats dans les grands… Ici on prendra l’apéritif sur la terrasse, là on déjeunera dans la grande salle à la décoration somptueuse, ou on profitera de l’ambiance feutrée du grand chai…
C’est également un lieu privilégié de rencontres. Les proches que l’on côtoie au quotidien, nos relations, et puis ces amis plus lointains qu’on est heureux de revoir, ceux que l’on croise une fois par an lors de ce rendez-vous, et ceux que l’on rencontre pour la première fois.
Et puis il y a les débutantes. Toutes ces fillettes (*) apprêtées pour nous plaire, pour nous séduire… Elles ont revêtues leurs parfums les plus enivrants, se sont parées de leurs plus belles robes, et nous dévoilent leurs corps, leurs rondeurs, encore bien jeunes mais remplis de promesses…
 

4 grands types de vins rouges 
 
J’ai sillonné le département pendant ces quelques jours, de dégustation en dégustation. L’occasion de croiser la Baronne Philippine de Rothschild, Adriana Karembeu, l’auteur de BD Corbeyran, le journaliste Jacques Dupont… De dialoguer avec Dany Rolland, Pierre Lurton, Paul Pontallier, Stéphane Derenoncourt, Hubert de Boüard… De rencontrer Nicolas Lesaint du Château de Reignac, dans la vraie vie… De saluer Michel Rolland, Denis Dubourdieu, et tant d’autres… Et bien sûr de regarder sous les jupes des fillettes pour comprendre ce qu’elles y cachent.

Ce millésime 2013 nous révèle 4 grands types de vins rouges :
§  Des vins fruités et frais à la bouche souple. Ce sont des vins légers avec un faible potentiel de garde. Ce sont les vins qui se sont le mieux goûtés en ce début avril (environ 30% des vins).
§  Des vins plus structurés mais avec une finale agressive dominée par l’acidité et les tanins. Ce sont des vins plus ambitieux qu’il est nécessaire de fondre et d’équilibrer au cours de l’élevage. Ces vins n’étaient pas prêts et ne se sont pas bien dégustés (environ 50% des vins).
§  Des vins fruités, ronds et équilibrés, avec une concentration plus ou moins importante. Ce sont les meilleurs vins du millésime, également les plus rares (environ 10% des vins).
§  D’autres enfin, faibles et dilués, voire à la netteté imparfaite, ou alors tellement écrasés par le bois qu’il n’y avait plus de vin. Heureusement, ceux-là aussi sont rares (environ 10% des vins). 

Je ne blâmerai personne, tant je sais combien ce millésime a été difficile. Lien : 2013, millésime de manques.
Au contraire, félicitons plutôt toutes ces propriétés qui ont réussi de vrais beaux vins. Démontrant par-là que 2013 n’est pas un mauvais millésime mais bien un millésime multiple, avec des vins moyens et d’autres réussis. 

La dégustation en Primeurs est un art des plus difficiles. Elle n’est pas innée et demande une vraie grande expérience. Au-delà de l’appréciation dans l’instant, elle exige d’avoir la capacité à projeter le vin dans son évolution. Pour cela, il faut comprendre sa richesse tannique, son niveau d’acidité, sa sucrosité, la maturité de son fruit et de ses tanins, l’équilibre entre ces différents constituants et leur capacité à évoluer en interaction les uns avec les autres. C’est un art que probablement seuls 10% des dégustateurs présents aux Primeurs maitrisent.
Je ne suis moi-même pas tout à fait sûr d’avoir bien compris tous les vins dégustés pendant cette semaine, tant le millésime est compliqué. Même s’ils ne se sont pas bien dégustés car ils n’étaient vraiment pas prêts en ce début de printemps, j’ai préféré ces vins qui ont présenté une structure un peu agressive mais une vraie structure. On parlera beaucoup de surextraction pour le millésime 2013, mais je ne partage pas cette analyse. OUI ces vins étaient agressifs avec une finale tannique et amère. NON il ne s’agit pas de surextraction mais de manque de gras et de chair en milieu de bouche pour enrober les tanins. Il n’y a pas de surextraction car dans tous les cas les structures demeurent moyennes. Il y a déséquilibre car l’acidité est dominante et renforce la perception tannique. Ces vins déséquilibrés et agressifs aujourd’hui, ont la structure suffisante pour se fondre et gagner en harmonie au cours de leur élevage. A l’inverse, je pense que tous ces vins agréables car fruités et souples que l’on a pu déguster un peu partout, sont surtout légers et n’ont aucune capacité d’évolution favorable au cours de leur élevage. Ils demeureront, au mieux, des petits vins souples et agréables.
 
Une campagne Primeurs atypique

N’oublions pas que cette grande messe des Primeurs est avant tout une opération commerciale. Au-delà de la communication, il s’agit bien de présenter des vins à vendre. Le timing habituel est le suivant :

1.    Présentation des vins lors des Primeurs
2.    Publication des notes de dégustation par les critiques influents
3.    Annonce du prix de sortie des vins par les propriétés
4.    Réservation des allocations par les acheteurs
5.    Livraison des vins au client final 12 à 18 mois plus tard 

Ce principe, immuable depuis 40 ans est aujourd’hui sérieusement remis en question.
L’an dernier, certains grands châteaux (Latour, Yquem) ont décidé de renoncer à ce marché pour vendre, en direct, leurs vins au moment de la mise en bouteilles. Cette année, d’autres sont sortis, avant même la présentation en Primeurs. De nombreux châteaux sont sortis avant la publication des notes des critiques. D’ailleurs, le plus influant : Bob Parker, n’est pas venu déguster les Primeurs. Il prévoit de les déguster et de les noter, en Mai. Il est probable qu’alors, ses notes n’intéresseront plus personnes.
La qualité, moyenne, du millésime 2013 encourage les châteaux à accélérer la mise en marché. Mais ce que le Marché attend avant tout, est une baisse significative des prix. Les stocks de grands crus à prix élevés seraient importants... Les châteaux déjà sortis affichent une baisse de l’ordre de - 10% (- 5 à - 15%). Pas sûr que cette baisse modérée soit suffisante pour dynamiser une campagne qui s’annonce atone…
Au Château Margaux, Thibault Pontallier nous donne sa vision du marché Primeurs 2013 : ’’La demande des acheteurs américains, chinois, brésiliens… est timide. Le Marché attend que nous fassions un geste, nos prix seront raisonnables. Nous sommes conscients d’avoir réussi, au Château Margaux, les meilleurs vins du millésime, mais nous serons à l’écoute de nos clients.’’ Fin avril, Château Margaux est sorti à 250 €HT, soit - 16%. 













 

Mon best of Primeurs 2013

J’ai eu l’occasion de déguster les vins présentés aux châteaux d'Arsac, Beauséjour-Bécot, Faurie de Souchard, Fonroque, Gazin, Lagrange, La Dominique, La Gaffelière, Lafon-Rochet, Margaux, Marquis de Terme, Mouton-Rothschild, ainsi qu’au Grand Théatre, au Grand Hôtel de Bordeaux, à la Bourse, ou encore à la Maison des Bordeaux. Voici ceux qui ont retenu mon attention (en gras, mes coups de cœur) :
 
Saint-Julien :  C’est incontestablement la réussite du millésime ! Des couleurs profondes, des fruits mûrs, de la rondeur, de la chair, de la concentration… Tout ce qui manque si cruellement à la plupart des vins du millésime. Ne vinifiant pas dans cette appellation, je ne sais pas par quel miracle ils sont si réussis, mais il faut bien constater qu’ils sont tous bons ! Tellement qu’il me faut les citer tous :
Léoville Poyferré - Léoville Barton - Langoa Barton - Beychevelle - Branaire Ducru - Lagrange - Gloria - Gruaud Larose - Saint Pierre - Talbot
 
Bordeaux Supérieur :  Titouan les Chapellesla Verrière – Candeley – Haut Rieuflaget – Laubès –  Penin – Pierrail – Tour de Gillet 

Médoc :  Clément Saint Jeandu Périer – Fleur la Mothe – Haut Condissas – Lassus – Tour Castillon 

Haut-Médoc :  de GironvilleLarose Perganson – d’Agassac – Beaumont – Lamothe Bergeron 

Listrac :  Clarke – Saransot Dupré

Moulis :  Guitignan – Moulin à Vent – Poujeaux

Margaux :  d’Arsac – l’Aura de Cambon – Margaux 

Pauillac :  FonbadetPichon Longueville Baron – Clerc Milon – Grand Puy Lacoste – Lynch Bages

Saint-Estèphe :  Petit Bocq – Lafon Rochet – de Pez – Sérilhan

Pessac - Léognan :  Clos des Carmes Haut Brion – La Louvière – Pape Clément 

Fronsac :  Les Trois Croix 

Lussac :  des Landes – La Rose Perrière 

Montagne :  Faizeau – la Grande Barde 

Puisseguin :  des Laurets 

Saint-Emilion GC : Beauséjour HDLde Candalela DominiquePéby Faugères – Angélus – Beauséjour Bécot – Balestard la Tonnelle – Canon la Gaffelière – Fleur Cardinale – Pavie Macquin – Rol Valentin – Troplong Mondot

Lalande : la Fleur de Boüard – la Vallière 

Pomerol : Clinet – Clos du Clocher – la Fleur du Roy

Blancs secs :  de Reignac – Couhins Lurton – Pavillon Blanc de Château Margaux 

 
(*) Une fillette est un format de bouteille. En l’occurrence, c’est le nom donné à la ½ bouteille de 37,5 cl