mardi 4 octobre 2016

Bordeaux 2016 : millésime d’exception

En 2016, de nombreuses régions viticoles ont été durement touchées par les aléas climatiques : gel, grêle, sècheresse. Bordeaux, par miracle, est passé au travers et nous prépare un millésime exceptionnel.

Encore un coup de com des Bordelais me direz-vous. Eh bien non, et nous allons voir pourquoi.
 

Le millésime 2016 a tout d’abord été exceptionnel par ses conditions climatiques. Du jamais vu de mémoire de vigneron.
 

 
                          CLIMATOLOGIE 2016 - Station de Saint-Emilion          (Source : URABLT Grézillac) 


en Rouge ou Bleu : données mensuelles
en Jaune : moyenne des 20 dernières années

 
 
Un hiver exceptionnellement doux et arrosé



 
L’hiver 2015-2016 a été le plus chaud jamais enregistré en France (depuis 1900). Dans le Bordelais, Janvier et Février sont doux également, avec 2°C de plus que la moyenne hivernale, mais ce début d’année est accompagné d’importantes précipitations. Il pleut presque tous les jours. En Janvier, il pleut 2,5 fois ce qu’il tombe d’habitude ! Certaines parcelles sont inondées en Janvier et Février rendant les travaux d’hiver difficiles.

 
Un printemps frais et humide
 
Au sortir d’un hiver chaud et humide, le débourrement est particulièrement précoce, dans les derniers jours de Mars, avec une semaine d’avance sur les dates moyennes. La sortie, très bonne et homogène, laisse présager une production importante en volume.
A l’inverse de l’hiver, le printemps est frais avec près d’1°C de déficit sur les moyennes. Il est lui aussi humide, avec de nombreux orages heureusement sans dégâts de grêle conséquents, contrairement à d’autres régions viticoles.
En Avril, la météo fraiche et humide, avec parfois des sols gorgés d’eau ralentit la pousse et favorise l’asphyxie racinaire. Fin Avril-début Mai une baisse des températures entraine des gelées avec des dégâts heureusement localisés en Médoc, Pessac-Léognan, Blayais et Nord Libournais. Fin Mai la grêle touche le vignoble du sud Libournais avec heureusement, des dégâts limités.

 
Une Floraison étalée et hétérogène

Vers le 25 Mai, des journées chaudes favorisent enfin une bonne croissance de la vigne et voient l’apparition des premières fleurs. Mais la Floraison se déroule sous une météo fraiche et humide faisant craindre le spectre de la coulure de 2013. Il pleut notamment fin Mai (début Floraison) et mi-Juin (fin Floraison). Il en résulte une Floraison tardive, étalée et hétérogène avec 2 générations de grappes décalées de 1 semaine, ainsi qu’un peu de millerandage mais heureusement pas de coulure.
La mi-Floraison des Merlots est observée du 06 au 15 Juin selon la précocité des secteurs, laissant présager un début de récolte des Merlots vers le 25 Septembre en secteur précoce et le 05 Octobre en secteur tardif.

 
Un été caniculaire - Une sècheresse historique

Juin est lui aussi humide et frais (-1,5°C), ainsi au début de l’été, le millésime apparait tardif et productif avec une forte pression du mildiou. Mais à partir de la fin du mois, tout change. L’été s’installe enfin et coupe le robinet de la pluie ouvert depuis le début de l’année.

L’été sera chaud et particulièrement sec, avec une période de sècheresse de 80 jours (24 Juin – 12 Septembre), qui entraine un arrêt de croissance précoce et net, facteur important de qualité. Il est marqué par trois périodes de canicule (17-19 Juillet, 13-16 Août et 23-27 Août). A partir de la mi-Août on observe les premiers signes de stress hydrique sur jeunes vignes à enracinement superficiel et sur sols filtrants. Ces parcelles souffriront de la canicule avec, début Septembre, des défoliations parfois sévères. Mais l’essentiel du vignoble, bien arrosé en hiver et au printemps s’adaptera très bien à cette situation exceptionnelle. 

                                                  Sècheresse :  13 mm de pluie pendant 80 jours


Les premières baies vérées sont observées en secteur précoce vers le 25 Juillet, mais le temps très chaud et sec n’est pas favorable à la Véraison. Elle ne s’enclenchera franchement que suite à la pluie du 04 août. La véraison sera lente et tardive mais favorisée par une belle fin de saison.
La mi-Véraison est observée entre le 08 et le 18 Août selon la précocité des secteurs. Ce qui correspond à des dates de récolte vers le 25 Septembre pour les Merlots précoces et début Octobre en secteur tardif.

 
Une très belle arrière-saison

Septembre est lui aussi particulièrement chaud avec 1,5 °C de plus que la moyenne. Canicule, sècheresse, stress hydrique… un climat peu habituel en Bordelais ! La maturité s’affole avec des chargements importants en Sucres, une montée rapide des Degrés potentiels et une chute des Acidités. Et puis, les 13 et 14 Septembre, la pluie tant attendue après 80 jours de sècheresse, arrive. Environ 40 mm. Et tout change à nouveau. La montée des Degrés et la chute des Acides Maliques ralentissent. Sucres et Acides s’équilibrent.
Les nuits sont fraiches (10/15°C), les journées chaudes (25/30°C). Une bonne amplitude thermique favorable à une bonne maturation des pellicules des raisins et des pépins, tout en conservant la fraicheur du fruit. Parallèlement, le risque Botrytis s’éloigne.
La maturité se met en place. Son évolution et lente mais le potentiel qualité devient magnifique.
Tout est en place, les vendanges peuvent commencer.

 
Un superbe potentiel qualitatif

Les conditions climatiques de l’année permettent de prévoir le potentiel qualitatif d’un millésime, mais on ne découvre vraiment le millésime qu’au moment de la dégustation des baies.
Le cycle climatique 2016 ne ressemble à aucun autre. Le cycle végétatif se rapproche du millésime 2012, avec une fin de maturation particulièrement lente. La dégustation des baies, elle, évoque le millésime 2010 : les baies sont croquantes, gorgées de sucres et fraiches à la fois, avec d’intenses arômes de petits fruits noirs ; les pellicules sont riches de tanins doux ; les pépins se mangeraient comme des noisettes.
Enfin, les premiers vins rouges du millésime rappellent également 2010 ou encore 2000 : couleurs rouge sang, nez petits fruits noirs (mûre, myrtille), bouches structurées, puissantes. Un potentiel magnifique !

 

2016 restera dans les mémoires pour les conditions exceptionnelles qui lui ont donné naissance : déluge en hiver, sécheresse en été, superbe arrière-saison. Ces conditions extrêmes et inédites nous font perdre nos repères, naitre l’inquiétude. Comment la vigne va-t-elle s’adapter ? Quelle qualité de raisin va-t-elle produire ? Alors on est prudent. On attend de voir. On pense aussi à tous ces vignobles durement touchés cette année, par la cruauté de Dame Nature : gel, grêle, sècheresse. Beaujolais, Bourgogne, Cognac, Champagne, Languedoc, Val de Loire… Alors on est discret, on ne pavane pas. On pense à eux. On est solidaire. Bordeaux, par miracle, est passé au travers. Du gel, de la grêle, de la sècheresse, de la coulure. Bordeaux, l’exception 2016.

vendredi 6 mai 2016

Concours internationaux : découverte, échange et Amitié

J'ai la chance d'être régulièrement invité dans les grands concours internationaux. Internationaux, car on y déguste des vins du monde entier. Parce qu'on y rencontre des dégustateurs du monde entier aussi.
J’aime bien déguster dans les concours internationaux.



 
D’abord, déguster du vin, fait partie de mon quotidien. C’est une part importante de mon métier de consultant. Comme je le dis souvent : Je ne sais rien faire d’autre
Ensuite, il y a la responsabilité de juré. Rappelons que l’objectif d’un concours n’est autre que de donner des repères de qualité aux consommateurs. Un vin sélectionné doit non seulement être irréprochable, mais doit être ’’bon’’, c’est-à-dire apte à apporter du plaisir. Et ne l’oublions pas, ça sert à ça le vin : apporter du plaisir, dans la dégustation et le partage. Le rôle des jurés est également de mettre en lumière les vins particulièrement réussis. Ainsi la mission du dégustateur est double : guide pour le consommateur et récompense pour le producteur.
Bien sûr, il y a le plaisir - et la curiosité - de déguster des vins provenant du monde entier. De différentes régions de France et d’Europe, mais aussi d’autres mondes, de l’hémisphère sud ou de nouveaux pays producteurs (Inde, Chine…). D’autant que les dégustations sont réalisées à l’aveugle, sans connaitre autre chose que la couleur et le millésime. Alors on joue aux devinettes, essayant de retrouver l’origine des vins que l’on déguste. La gamme aromatique et le niveau de concentration évoque tel ou tel cépage. La maturité du fruit, le niveau d’acidité, le soyeux des tanins évoque un type de climat ou un autre. Le style d’élevage rappelle des cultures différentes, traditionnelles ou plus modernes… Et ainsi, à force de chercher, d’analyser, on apprend beaucoup…
 
Mais ce que j’aime par-dessus tout dans une dégustation internationale, c’est l’échange.
Déguster avec quelqu’un issu d’un autre univers que le sien, d’un autre pays, d’une autre culture est extrêmement enrichissant. Ma culture du vin est issue d’abord d’une approche d’amateur éclairé, complétée par une lecture technique liée à mon métier d’œnologue. Au quotidien, je déguste avec des techniciens et nous parlons le même langage. Mais déguster avec un sommelier ou un journaliste, un Australien ou une Japonaise, une jeune femme de 20 ans ou un retraité avec 50 ans d’expérience… est une autre aventure. Généralement, on juge qu’un dégustateur déguste bien, lorsqu’il a le même jugement que soit même. Dans une dégustation internationale, un dégustateur - dont la compétence ne peut être remise en cause – peut ne pas du tout apprécier un vin que vous adorez, et inversement. Et ce n’est pas de la simple subjectivité liée à l’individu. Question de culture…. Et ça, c’est particulièrement intéressant. Alors on échange, on partage. On cherche à comprendre, et on apprend. On apprend à prendre du recul. On apprend la modestie aussi. Le tout exprimé en anglais, et après la dégustation bien-sûr, la dégustation live se déroulant dans un silence religieux.
Au fil du temps, de ces échanges internationaux nait l’Amitié. Et chaque année on est heureux de se retrouver. Dave l’Australien, João le Brésilien, Luis José l’Espagnol, Antonio l'Italien, Ghislain et Jacques les Canadiens, Jorge Manuel le Portugais, Peter le Hongrois, Alejandro le Chilien, Hui Jie la Chinoise, Mi la Coréenne, Karina l'Indienne…. Et tant d’autres… Sans oublier les amis Belges et Français, bien sûr !
 
J’aime bien déguster dans les concours internationaux. Le Vin, plus que nulle part ailleurs, y est vecteur d’Amitié.

lundi 7 mars 2016

TOP VIN 2016 : le meilleur de l’Entre-Deux-Mers


L'Entre-deux-Mers est multiple.


Région géographique délimitée entre la Dordogne au nord et la Garonne au sud - entre deux marées -, elle désigne également l’aire de production de l’appellation du même nom. C’est aussi le nom que portent les vins blancs secs produits dans cette région, parmi les meilleurs du Bordelais.

Région de coteaux et de vallons traversés par de multiple cours d'eau, où dès le Moyen Age l’homme a installé la culture de la vigne et bâti églises romanes, châteaux féodaux, moulins fortifiés et bastides à l’anglaise, elle offre des paysages parmi les plus beaux du Bordelais.
 
Le vignoble, exploité par 240 producteurs, représente aujourd’hui 1 500 ha plantés en Sauvignon blanc et gris, Sémillon et Muscadelle. Soit une production de 77 000 hl et 11 millions de bouteilles.
Lien : Entre-Deux-Mers


Depuis 10 ans, les producteurs d’Entre-Deux-Mers mettent à l’honneur leurs meilleures cuvées, sélectionnées lors d’une dégustation à l’aveugle par un jury professionnel : le challenge TOP VIN Entre-Deux-Mers.

J’ai eu, une nouvelle fois, le plaisir de participer à cette sélection du best of des vins de l’Entre-Deux-Mers, dans le millésime 2015.


35 vins retenus après une première présélection, départagés par 20 dégustateurs : sommeliers, œnologues, courtiers, journalistes, bloggeurs, sous la présidence de Claire Casciello, Chef sommelière du restaurant de Philippe Etchebest  Le Quatrième Mur  à Bordeaux.



Benoît GELIN, Maguelone de BLASI, Jean-Benoît AUZELY et Laura PARGADE
Liste des dégustateurs


 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
La série était d’un bon niveau, quoiqu'hétérogène. J’ai noté les vins entre 75 et 95.
Il faut rappeler que le millésime 2015 est caractérisé par une météo quasi idéale qui a favorisé une bonne floraison autant qu'un état sanitaire parfait et un très beau temps au vendanges. Mais l'année a aussi été très chaude avec une période de sècheresse en juillet, conduisant à une maturité précoce. On peut qualifier le millésime 2016 de solaire. Parfois on a observé un décalage entre maturité technologique (Sucres et Acides dans le jus de la baie) et maturité aromatique (arômes contenus dans la peau des baies). Dans ces conditions, trouver la bonne date de récolte n'a pas toujours été aisé. 

Ma notation :
 
1/3 des vins entre 75 et 84 : des vins plaisants mais simples, avec souvent un manque de fraicheur et une bouche légèrement tannique, reflets de vendanges un peu trop tardives.

1/3 des vins entre 85 et 89 : des vins agréables, irréprochables mais manquant de vivacité, de finesse ou de personnalité.

1/3 des vins entre 90 et 95 : de très bons vins aux structures équilibrées entre souplesse, vivacité et rondeur, exprimant une belle typicité aromatique de fruits à chair blanche, agrumes et discrètes notes muscatées.

                            
20 Entre-Deux-Mers ont été retenus suite à cette dégustation. Le vin ayant reçu les meilleures notes de l’ensemble des jurys gagne le trophée TOP VIN.

Liste des vins sélectionnés
 
Ma sélection personnelle des meilleurs Entre-Deux-Mers 2015



 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
La sélection TOP VIN Entre-Deux-Mers 2016 a été présentée au Bar à Vin du CIVB le 07 mars 2016.

La comédienne Michèle Laroque, marraine de l’édition 2016, a dévoilé les 3 vins les mieux classés et remis le trophée au gagnant de la sélection : Fleur de Ninon élaboré par Frédéric Roubineau, producteur à Grézillac remporte le TOP VIN suivi de Château Landereau (Hélène Baylet) et Château Chantelouve (Laurent Lescoutras).
 
Michel Laroque remet le trophée 2016 à Frédéric Roubineau

Frédéric Roubineau est heureux autant que surpris de cette récompense. Il exploite avec sa sœur et ses parents 30 ha dont 8 de blanc sur la commune de Grézillac.
''Fleur de Ninon est un assemblage de 40% de sauvignon blanc, 30% de sémillon, 15% de sauvignon gris et 15% de muscadelle. Nous l'avons élaboré avec mon œnologue Marilyne Bouix d'Enosens Grézillac avec qui j'ai beaucoup de plaisir à travailler.''

Le trophée, symbole de l’excellence des vins de l’Entre-deux-Mers, sera à nouveau remis en compétition l’année prochaine.

TOP VIN Entre-Deux-Mers 2016
 

lundi 29 février 2016

Avec Terre de Vins les Bordeaux ont la Côte

Les Côtes de Bordeaux sont issus de la réunion de 4 terroirs (Blaye, Cadillac, Castillon et Francs) autour d’un identifiant commun : les Côtes de Bordeaux.

Ensemble ils forment une appellation régionale : Côtes de Bordeaux et 4 appellations communales : Blaye Côtes de Bordeaux, Cadillac Côtes de Bordeaux, Castillon Côtes de Bordeaux et Francs Côtes de Bordeaux.
Soit 900 producteurs exploitant 11 000 hectares et produisant chaque année 500 000 hectolitres de vins
Les propriétés sont situées rive droite de la Garonne et de la Dordogne sur des sols majoritairement argilo-calcaires. L’encépagement est essentiellement rouge (Merlot, Cabernet sauvignon, Cabernet franc, Malbec) complété avec un peu de Sauvignon, de Sémillon et de Muscadelle en blanc. 



Le magazine Terre de Vins a organisé avec l’Union des Côtes de Bordeaux une dégustation réunissant 130 vins des Côtes de Bordeaux des millésimes 2011, 2012, 2013 et 2014.
Pour les apprécier, une vingtaine de dégustateurs (sommeliers, œnologues, acheteurs, bloggeurs… tous #winelovers) répartis en 6  jurys de 3 à 4 dégustateurs, se sont réunis au magnifique château de Biac à Langoiran en Cadillac Côtes de Bordeaux.

 

J’ai pour ma part dégustés des Castillon Côtes de Bordeaux et Francs Côtes de Bordeaux.

 
Castillon Côtes de Bordeaux

12 vins dégustés – 7 retenus

2014 : notés de 10 à 14 – 2 vins retenus sur 5
2013 : noté 12
2012 : notés de 12 à 17 – 5 vins retenus sur 6 dont 1 coup de ♥

Des vins d’un beau niveau d’ensemble, avec 2 principaux styles : d’une part des vins ronds et équilibrés avec une belle complexité aromatique, déjà prêts à boire ; d’autres part des vins denses, mûrs et longs avec des nez mêlant arômes de fruits mûrs et notes boisées, encore un peu austères pour le moment mais avec un très beau potentiel.


Francs Côtes de Bordeaux

9 vins dégustés – 2 retenus

2012 : notés de 10 à 16 – 2 vins retenus sur 8
2011 : noté 12

Série hétérogène avec d’une part des vins légers et simples, d’autre part de beaux vins riches et complexe, à l’image de la viticulture à 2 vitesses que l’on constate à Francs. Une viticulture traditionnelle ’’paysanne’’ et une autre viticulture avec beaucoup plus de moyens techniques et financiers issue de propriétaires produisant par ailleurs du Saint-Emilion ou du Pomerol.

D’une manière générale, nous avons tout particulièrement apprécié les vins du millésime 2012 qui se dégustent à merveille actuellement, et qui confirment leur qualité bien supérieure à ce qu’elle avait été jugée par la plupart des journalistes au moment des Primeurs.

 
Notre sélection (en gras mes préférés – en rouge : notre coup de cœur)
Tous les commentaires de dégustation dans le N°40 mars/avril 2016 de Terre de Vins

Castillon Côtes de Bordeaux 

Château Beynat cuvée des Lyres
Clos Lunelles
Clos Puy Arnaud
Domaine de l’A
Château Hyot
Château Joanin Bécot
Page

Francs Côtes de Bordeaux
 
Château de Francs les Cerisiers
Chateau Le Priolat 


 
 
 

Nous avons terminé cette belle journée au Château de Biac en compagnie de la famille Asseily : Youmna la propriétaire particulièrement accueillante et deux de ses enfants Yasmina et Gabriel. Un excellent buffet nous a été préparé avec notamment de succulentes pâtisseries libanaises (la famille Asseily est originaire du Liban) et bien sûr les excellents Cadillac Côtes de Bordeaux de la propriété.
 
 

samedi 30 janvier 2016

oenovoeux 2016


Je vous souhaite une excellente  ANNEE 2016 !
Douce et fraiche... ou plus dense et corsée selon vos désirs
Une année de découvertes, de sensations, de plaisirs et de surprises
Une année conforme à vos vœux les plus chers


lundi 21 décembre 2015

Twitter 1 an après ?


Il y a 1 an j’ouvrais mon compte Twitter.
J’avais longuement hésité. J’avais surtout peur de manquer de temps.
Lien : Pascal Hénot sur TWITTER : @oenoBlogue      

1 an plus tard, après 2 000 tweets et 700 followers, quel bilan puis-je en faire ?



Tout d’abord, Twitter est extrêmement facile à utiliser.
Créer mon compte et mon profil m’a pris 10 minutes.
On devient très rapidement familier avec l’environnement de Twitter. Ecrire un tweet, l’envoyer, inclure une photo, liker un tweet que l’on aime bien, chatter avec un autre twitto… tout cela est intuitif et très facile à mettre en œuvre. En gros, faire un tweet prend moins d’1 minute. Cela n’est donc pas chronophage. Le plus difficile est assurément de respecter la limite des 140 signes. Parfois un vrai casse-tête ! Généralement, j’écris mon tweet sans me soucier du nombre de caractères, puis je cherche à le raccourcir. Un excellent moyen pour travailler son français : recherche de synonymes, optimisation de la syntaxe… Même si parfois, pour gagner 1 ou 2 signes, on finit par sacrifier la langue française au niveau d’un pluriel ou d’un accord de participe…

Twitter est un excellent media(um) d’information.
Vous voulez savoir ce qu’il se passe ? Dans le monde, dans votre région, dans votre secteur d’activité, dans l’univers de vos passions… vous trouverez l’information sur twitter. Et probablement là, plus vite et plus tôt qu’ailleurs. La facilité d’envoi d’un tweet, son instantanéité permet cela. Souvent, je vois au JT du soir, une info que j’avais déjà vue plus tôt dans la journée sur Twitter. Pour bien trouver les informations qui vous intéressent, il faudra apprendre à manier les # hashtags. Mais ça aussi c’est facile.

Par ailleurs, Twitter est un excellent moyen pour se créer des contacts.
Echangez sur un sujet qui vous est cher. Soyez pertinent, original ; créez de l’information intéressante… et vous serez vite repéré par ceux qui partagent vos passions, vos idées, votre point de vue. Un like, un retweet… un nouveau follower. Nombreux sont les moyens pour les twittos qui apprécient vos tweets, de vous le faire savoir. Et puis, vous pouvez directement entrer en contact avec une personne de votre choix. Soit en la citant dans votre tweet, soit en lui envoyant un message personnel qui ne sera vu que d’elle.

Enfin, au fil des échanges, Twitter peu vous permettre des rencontres.
Quel plaisir de rencontrer In Real Life des personnes avec qui l’on a échangé de nombreux messages sur Twitter ! On partage les mêmes points de vue, les mêmes passions. On a appris à se connaitre, à s’apprécier. Et un jour, à l’occasion, d’un salon, d’une soirée promotionnelle, d’une dégustation… on peut mettre un visage sur un identifiant. Et continuer à échanger, de vive voix. Peut-être le début d’une longue amitié…

 
Twitter 1 an après ?
Des info, des échanges, de nouvelles connaissances, des rencontres… tout un monde à découvrir, auquel je ne peux que vous encourager à vous ouvrir.

Retrouvez-moi sur Twitter :   @oenoBlogue

mercredi 7 octobre 2015

2015 : un millésime pas si précoce que ça

Les conditions météo de l’année 2015 ont été très favorables à une bonne évolution de la vigne et de la vendange. Dans toutes les régions viticoles on souligne la qualité du millésime ainsi que sa précocité. Partout, on a commencé les vendanges très tôt, fin août. Fin septembre, les vendanges sont terminées en Champagne, en Beaujolais, en Bourgogne, dans le pourtour méditerranéen… A Bordeaux, si on a bien vendangé nos Crémants et nos blancs secs très tôt, la récolte des cépages rouges vient à peine de commencer.
 
La maturité serait-elle en retard à Bordeaux ?
La météo a-t-elle été moins favorable qu’ailleurs ?


2015 : un millésime au sommet
                                              

A Bordeaux, l'été 2015 a été l'un des plus chauds jamais enregistré. L'effet bénéfique sur la qualité du millésime 2015 est évident et tout le monde a compris que 2015 sera un bon millésime.
Voir  Millésime 2015 : sous les meilleurs auspices

 
 
 
Si les fortes chaleurs de juillet ont rapidement concentré les baies en Sucres et fortement dégradé les Acides, il ne s'agit là que de la maturité du jus de raisin, que l'on appelle maturité technologique. Elle est essentielle pour les vins effervescents, et importante pour les vins blancs secs et les rosés. Elle l'est beaucoup moins pour les vins Rouges.  En effet, toutes les spécificités d'un vin rouge sont contenues dans la peau des raisins. La maturité technologique n'est pas suffisante. Ce que recherchent le producteur et le winemaker est la maturité de la peau : maturité phénolique et aromatique.
                                                                                

Une Maturité Technologique précoce

Les conditions météo de l'année 2015 - chaleur et sècheresse - ont favorisé un arrêt de croissance précoce de la vigne. Après la véraison, le jus des baies s'est rapidement concentré en Sucres pour atteindre des degrés probables élevés. Les Acidités ont, elles, rapidement chuté par consommation de l'Acide Malique lors des épisodes de fortes chaleurs. Ainsi, dès les premiers jours de septembre, les différents cépages rouges ont atteint un bon niveau de Maturité Technologique, faisant de 2015 une année précoce.

Maturité au 20 septembre 2015   ©EnoSens
 
Une Maturité Phénolique décalée
Après cet été caniculaire qui annonçait le millésime 2015 comme un millésime ’’solaire’’ (à l’image de 1990 ou de 2003), le mois de septembre a été frais et légèrement arrosé, entrainant 2015 dans une fin de maturation lente (rappelant 2000 ou 2012) et un style beaucoup plus frais.
 

Le mois de septembre frais (- 2,5°C par rapport aux normales), présente vers le milieu du mois, une période humide avec une faible amplitude des températures entre le jour et la nuit (environ 10°C), qui n’a pas permis à la plante de concentrer les pellicules en Anthocyanes, ni à la pellicule de s'affiner et de devenir perméable. 





Maturité Phénolique au 20 septembre 2015 ©EnoSens


Les analyses de Maturité Phénolique indiquent pour les Merlots des pépins d'un bon niveau de maturité, un bon potentiel en couleur (Anthocyanes) mais avec une extractibilité des Anthocyanes moyenne.
 
 

Une Maturité Aromatique retardée
La dégustation des baies, très riche en informations, permet une approche très pertinente de la maturité du raisin.
Début septembre, les Merlots présentent des jus très sucrés et peu acides. La chair est encore gélatineuse et les peaux encore dures et épaisses. Les pépins deviennent bruns. Les arômes végétaux ont totalement disparus, «brûlés » par les températures élevées de juillet. L’expression aromatique est plutôt neutre.
A la mi-septembre, la chair perd son caractère gélatineux et tend à se liquéfier. Les peaux sont dans l’ensemble encore dures et épaisses. Les pépins tendent à s’aoûter, ils sont agréables avec des tanins doux, sans agressivité astringente ou amère. Les arômes de fruits frais sont dominants.
Fin septembre, les peaux sont toujours dures, les pépins sont mûrs. La plupart des parcelles de Merlot ont dépassé le stade fruit frais, et expriment soit le fruit mûr, soit sont dans un ’’vide aromatique’’ précédent le fruit mûr pour les plus tardives. Ces indications montrent que la majorité des Merlots est arrivée à maturité optimale.
Certains repoussent encore la date de récolte car les peaux toujours dures leur apparaissent comme des signes de maturité inaboutie. Mais il faut rappeler que les peaux dures sont liées aux conditions de sècheresse de l’année. Pour qu’elles s'affinent il faudrait qu’il pleuve. Ce qui n'est en aucun cas souhaitable, car cela dégraderait l'état sanitaire.
                                                                                               
Un Etat Sanitaire parfait
Chaque année, le laboratoire de l’INRA de Bordeaux (ISVV) mesure le risque Botrytis (Potentiel de Réceptivité au Botrytis - PRB) par l’analyse des constituants de la pellicule des cépages Sauvignon B et Merlot N. Les Merlots de 2015 présentent d’une part, une faible teneur en Pectines Hydrosolubles correspondant à un substrat difficilement dégradable par le Botrytis, et d’autre part une importante teneur en Tanins Pelliculaires correspondant à une bonne défense de la pellicule vis-à-vis des attaques du Botrytis. Ainsi le PRB qui correspond au rapport de ces deux données est-il particulièrement faible, ce qui correspond à un faible risque Botrytis.
Le risque de voir une pourriture grise explosive comme en 2013, apparait donc faible cette année.


Botrytis, très discret  au vignoble pendant toute la saison, est apparu suite aux pluies de début août. Il a commencé à se développer vers la mi-septembre, après une semaine pluvieuse avec des nuits douces (Températures proches de 15°C). Heureusement, l’installation d’un temps sec avec du vent d’Est a permis de bien sécher les raisins et de résorber la pourriture.
En 2015, Botrytis sera rarement le facteur limitant qui déclenchera les vendanges ; la plupart des raisins seront récoltés dans un état sanitaire parfait. 
 
 
Des Dates de Récolte "normales"
Les observations faites à la Floraison et à la Véraison permettent de prévoir les dates de récolte théoriques suivantes :


Stades Phénologiques Merlots Libournais 2015  ©EnoSens

La méthode Dyostem est une modélisation de la maturation du raisin à partir de la mesure du chargement en Sucres des baies. C’est-à-dire la quantité de Sucres synthétisée dans la baie, en s’affranchissant des variations de volume de la baie. Lorsqu’il n’y a plus de Sucres synthétisés dans la baie, on parle d’arrêt de chargement. A partir de la date d’arrêt de chargement, le modèle projette 2 dates théoriques de maturités optimales :
§  une maturité Fruits Frais, correspondant à un premier niveau de maturité favorisant l’expression du fruit et la fraicheur
§  une maturité Fruits Mûrs, correspondant à un haut niveau de maturité favorisant la complexité et le volume de bouche.

Les données Dyostem pour les Merlots 2015 du Libournais définissent les dates de maturité suivantes :
§   Fruits Frais  : à partir du 08 septembre (pour l'élaboration des vins rosés)
§  Fruits Mûrs : à partir du 16 septembre pour les parcelles les plus précoces, du 23 septembre pour la plupart des parcelles et du 27 septembre pour les plus tardives.


Dates de maturité Fruits Frais / Fruits Mûrs - Merlot 2015   © Dyostem - Vivélys

On notera le parallèle avec les dates théoriques définies selon les Stades Phénologiques.

La récolte des Merlots a effectivement commencé vers le 15 septembre dans les secteurs les plus précoces. Elle s’est intensifiée à partir du 21, avec un démarrage général vers le 25. L’état sanitaire est partout, parfait.
La taille des baies, moyenne à petite, suite au stress hydrique important de la plante pendant toute la saison, annonce des rendements légèrement déficitaires.
Partout, la qualité s’annonce magnifique.